UN ROMAN-PHOTO RUSSE 2/2

Posted on octobre 1, 2018 in Travels

2nde PARTIE: SAINT-PÉTERSBOURG

PIERRE 1ER LE GRAND ET MOI

Si vous avez manqué la 1ère partie, cliquez sur l’horloge

Si vous n’avez pas cliqué sur l’horloge parce que vous avez déjà lu la 1ère partie (ou que vous estimez que lire la 1ère partie en premier est d’un conformisme désespérant), je vous en propose un résumé détaillé à la ligne du dessous.

Résumé: après avoir visité Moscou et rencontré le Président Poutine au Kremlin, nos héros ont pris place à bord du train mythique ‘La Flèche Rouge’ pour Saint-Pétersbourg. Ils regardent le paysage par la fenêtre et constatent avec satisfaction qu’il neige.



Le trajet effectué par
la ‘Flèche Rouge’ de Moscou à Saint-Pétersbourg. Pour voir la carte dans Google Maps, cliquer sur ‘Plus d’options’


DU MOINS a t-il neigé une partie de la nuit et la Flèche Rouge, insensible aux caprices du ciel, se faufilait élégamment avec un tatoum-tatoum apaisant dans les faubourgs de Moscou. Ici logeaient sans doute, dans l’interminable banlieue moscovite qui étire ses barres d’immeubles à perte de vue, tant de gens que nous avions croisés en ville – la réceptionniste du Metropol, le vigile du GOUM, la serveuse du BBQ, le gendarme du Kremlin, le flic de la gare, qui sait?
Peu à peu cependant, les HLM soviétiques s’espaçaient et laissaient place à une campagne hybride de terrains vagues, de zones industrielles et de datchas. C’est une expérience à (re)vivre que de voyager en train à 80 km/h, il y a des sensations oubliées comme il y a des légumes oubliés que ne peuvent satisfaire ni un TGV lancé à 350 à l’heure ni le Carrefour Market de l’avenue d’Italie.

Prendre son temps. Laisser pousser.

Aussi, mon fils et le père de mon fils étaient-ils également fascinés par le panoramique sans fin que déroulait le tortillard sous leurs yeux et, cette nuit-là, ni l’un ni l’autre ne voulut fermer l’œil: quelques maisons isolées, de plus en plus rares, se firent encore voir dans l’obscurité – mais la réverbération de la neige diffusait un halo qui donnait aux choses l’apparence d’un décor de cinéma sous une lumière artificielle – puis, ce fut enfin la steppe avec ses arbres nus, ses rus russes gelés, ses plaines immaculées, un spectacle dont on pouvait d’autant moins se détacher qu’il était monotone et envoûtant à la fois.

Mon fils avait passé ses oreillettes et écoutait Sabaton (un groupe de power métal suédois mais passons), j’avais le front appuyé contre la vitre froide, chacun était perdu dans une rêverie romantique que seule permettait la lenteur du véhicule.
Je ne sais pas combien de temps nous avons dormi. Une ou deux heures peut-être: en dépit de notre soif de ne rien perdre, le battement de cœur de la Flèche Rouge était un narcotique puissant et avait fini par avoir raison de nous. L’hôtesse toqua à la porte vers 6 heures, il faisait encore nuit noire évidemment, elle nous passa nos plateaux de petit déjeuner, on mangea sans appétit et sans trop se parler, on se doucha dans la cabine dont l’exiguïté ne disputait en rien celle d’un voilier de 12m, et j’avais terriblement envie d’une clope malgré mon café aussi clair qu’un thé versé d’un samovar.
Je n’eus ma cigarette qu’une fois descendu sur le quai de la Gare de Moscou (eh oui, cette Gare de Saint-Pétersbourg s’appelle Gare de Moscou mais ils n’ont pas de quoi frimer, nous avons une Gare de Paris qui s’appelle Gare de Lyon) et encore, en cachette au creux de la main de peur qu’un officiel ne me réprimandât comme je l’avais été à la Gare de Leningrad (qui est le nom de l’une des gares de Moscou, donc).

La Venise russe

Le taxi nous mena à l’hôtel à la fois sans encombre et avec compteur, le chauffeur était en costard noir cravate assortie et quand nous l’avions retrouvé dans le hall de la gare tenant une pancarte à l’enseigne de notre nom bien-aimé, il avait même souri.
Après Moscou, le changement de ton était radical: on était ici dans la ville dépositaire de la culture et du raffinement russes, celle qui, par sa grâce et sa beauté, avait survécu aux bolchéviques, à Staline et à la fièvre des marais. Elle fut en revanche fortement bombardée pendant la guerre lors du Siège de Leningrad qui dura 3 ans – l’armée allemande pilonnant en priorité les monuments et les quartiers résidentiels – et c’est donc une ville en grande partie reconstruite à l’identique que le visiteur découvre aujourd’hui (un million d’ouvriers fut réquisitionné après-guerre pour restaurer ce qui relevait du prestige de la Grande Russie).

Le fondateur visionnaire de Saint-Pétersbourg – la ville du Saint Pierre, qui doit son nom à l’apôtre et non au tsar – est Pierre 1er Le Grand, premier tsar de toutes les Russies, monarque absolu quoiqu’éclairé, immense admirateur notamment de la culture française, qui fit entrer la Russie dans la modernité (non sans douleur) et dans l’Europe (work toujours in progress à ce sujet).

Pierre 1er Le Grand par Paul Delaroche

Louis XIV, qui tenait les Russes pour un peuple d’arriérés, n’avait même pas voulu recevoir le tsar tandis que Louis XV lui déroula le tapis rouge au cours d’une visite d’état triomphale. Il faut préciser que dans l’intervalle – en 20 ans seulement –, Pierre 1er avait fait passer la Russie du moyen-âge au statut de grande puissance européenne. La fondation de Saint-Pétersbourg (devenue capitale aux dépens de Moscou) avait certes comme objet d’ouvrir au pays un accès direct à la mer – elle en possédait d’autres mais trop au nord et qui étaient pris par les glaces les ¾ de l’année – mais aussi et surtout parce que cette implantation s’érigeait dans le golfe de Finlande, autrement dit en vis-à-vis direct de l’Europe occidentale.

La Neva qui ouvrit à la Russie l’accès à la Mer Baltique

En bref, le choc émotionnel est réel quand on vient de quitter le rythme délirant de Moscou et c’est une raison supplémentaire d’inscrire les deux villes au programme.
Je ne cache pas néanmoins avoir ressenti à Saint-Pétersbourg un certain ennui dans la contemplation de ce musée à ciel ouvert, des avenues interminables et rectilignes, de la Neva gelée et des canaux assoupis de la Venise russe.

Saint-Pétersbourg est sans aucun doute celle de toutes les villes de Russie à fasciner le plus les occidentaux mais je l’ai trouvée installée dans un confort trop bourgeois et trop figé pour me bouleverser. Plus surprenant, elle était à peu près déserte, y compris quand nous avons visité le Musée de l’Ermitage où je m’attendais à faire la queue des heures et à devoir jouer des coudes pour apercevoir au moins l’une des Trois Grâces dans sa nudité d’albâtre.
Il n’en fut rien, tant mieux, j’eus la vision des trois dans toute leur grâce et même en pied, et après tout, c’était peut-être la morte-saison? Il paraît que pendant les Nuits Blanches (fin juin-début juillet), on ne peut au contraire faire un pas sans se heurter à une harde de touristes en short (c’est donc à dessein que je n’emploie pas le mot de horde) et que la lumière est extraordinaire à cette période.

La salle de Paon, la plus grande horloge automatique au monde créée par le joaillier britannique James Cox en 1770. L’horloge fonctionne toujours et les automates du paon, du coq et de la chouette entrent en mouvement toutes les heures.

Vidéo du mécanisme et du mouvement horloger – la réalisation est spectaculaire mais le commentaire en russe gâche un peu le plaisir.

Les Trois Grâces (Canova, 1816), ‘d’une beauté qui surpasse la beauté elle-même’, sculptées dans un seul bloc de marbre blanc.

Le Musée de l’Ermitage, quasi-privatisé

Une classe de primaire qui vient peut-être de l’autre bout de la Russie. Le pèlerinage scolaire à l’Ermitage est une tradition équivalente à la nôtre au Musée du Louvre.

Pour ce qui nous concerne, ni la lumière ni la météo n’y ayant mis du leur pendant notre court séjour, elles ont certainement contribué au souvenir maussade que j’en ai gardé. La neige avait complètement disparu sous l’action d’un crachin tenace, la Neva se craquelait à vitesse grand V, le décor se fondait à l’infini dans un ciel grisâtre et il faisait +5°, une température stupide et sans aucun intérêt.
Était-ce là ce qui expliquait la rareté du passant dans l’espace public? Il n’y avait guère que le long de la Perspective Nevski, Невский проспект (les Champs-Élysées saint-pétersbourgeois), devant les nombreuses pâtisseries (délicieuses) et les boutiques de fringues qu’on croisait du monde.

Le grand magasin Singer sur la Perspective Nevski, construit dans les années 1900 – oui, Singer comme le fabricant américain de machines à coudre qui voulait une vitrine de prestige dans la capitale russe (la guerre froide n’avait pas encore été inventée). C’est aujourd’hui la plus grande librairie de la ville.

L’Épicerie Elisseïev – attention danger! Comme Jack Lemmon dans ‘Certains l’aiment chaud’, on fait le rêve d’y être enfermé une nuit entière. L’édifice Art Nouveau qui l’abrite sur la Perspective Nevski a été construit en même temps que le bâtiment Singer (et en même temps que le Magasin Au Pont Rouge, voir plus bas).

La Perspective Nevski est longue de près de 5 kms et, pour peu qu’on s’égare le long des canaux adjacents, on abat facilement de la borne. Car pour arpenter, on arpente! Le métro de Saint-Pétersbourg est, comme celui de Moscou, magnifique et d’une propreté irréprochable mais il ne dispose que de 5 lignes avec des stations éloignées les unes des autres. Donc, on marche à la façon d’un trekker urbain et on sait qu’il est temps de rentrer à l’hôtel quand le podomètre annonce: mémoire saturée.

Le métro de Saint-Pétersbourg. Celui de Paris a manifestement encore une petite marge de progression.

AU PONT ROUGE (en français dans le texte et gravé sur le sol de marbre) situé au bord du Canal Moïki, à 500 mètres de la Perspective Nevski. Ce nom français ne doit rien au hasard quand, 40 ans après le BON MARCHÉ de Paris, Saint-Pétersbourg se lance à son tour dans le concept du Grand Magasin. L’édifice Art Nouveau est magnifique. Mais pas un chat.

Il y eut tout de même cette rencontre inattendue et le partage d’une coupe au pied de la statue équestre de Pierre 1er Le Grand. Ils ne parlaient que le russe et on ne sut jamais ce qu’ils fêtaient au champagne à 9h du matin.

Bon, stop à l’hypocrisie! La meilleure journée fut sans conteste notre visite au Musée des Jeux d’Arcade Soviétique, Музей советских игровых автоматов, également réputé pour la qualité de ses milkshakes. Le terme de Musée pourra paraître un brin abusif dans la ville qui abrite celui de l’Ermitage mais il est très utile pour s’offrir un moment revival plein de nostalgie tout en disposant d’une solide caution culturelle.

Tous les jeux sont en parfait état de fonctionnement. Passer de Rembrandt à Space Invaders dans un laps de temps très court requiert cependant une certaine souplesse d’esprit.

Le baby-foot version russe des années 70 : les footballeurs ont logiquement été remplacés par des hockeyeurs.

Le Musée se trouve à deux pas de la Cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, Храм Спаса на Крови, l’une des plus belles églises orthodoxes de Russie (très endommagée pendant la guerre et restaurée). Une pure merveille.

Le soir, nous sommes allés dîner au JACK and CHAN, un petit resto formidable recommandé par le Lonely Planet. Comme son nom l’indique (en référence à Jackie Chan), c’est une cuisine asiatique peu couleur locale mais excellente et bon marché, avec une ambiance chaleureuse due en grande partie à la gentillesse de nos copines serveuses.

Mais pour la vraie cuisine russe, et sans doute la meilleure de la ville, il faut aller goûter au moins une fois à la table raffinée de chez YAT.


À ce stade du récit, je dois dire un mot de l’hôtel dans lequel nous avions jeté notre dévolu car il est à l’origine d’un incident que j’ai imprudemment teasé dans le 1er épisode pour finalement laisser poireauter dans un suspense insoutenable mes millions de lecteurs depuis 18 mois.
Et pour commencer, qu’est-ce qui avait pu me conduire quelques semaines plus tôt à prendre une chambre sur Internet au DOMINA HÔTEL? Rien que le nom aurait dû m’inciter à la circonspection mais je suppose que sa façade paisible qui se mirait dans les eaux du canal Moïki était engageante.

Jusqu’ici, tout va bien.

Je suppose également n’avoir jeté qu’un œil distrait aux photos des chambres ou alors je souffrais d’une conjonctivite de stade 4 ou encore j’avais accordé une confiance excessive aux avis enthousiastes d’internautes probablement sous acide, toujours est-il qu’après le choc culturel subi à notre arrivée, le second fut d’ordre esthétique.

L’une des chambres auxquelles nous avons miraculeusement échappé. La nôtre était plus sobre (enfin, tout est relatif), tendue de velours vert bouteille (argh!) et murs assortis avec rappels fuchsia aléatoires. Pour des raisons mystérieuses, je ne l’ai pas photographiée.

On notera la théâtralisation de la réception. Le design néo-vintage semble avoir été réalisé par le décorateur de ‘2001, l’Odyssée de l’Espace’ en liaison étroite avec la maison LEGO®.

Indépendamment des caractéristiques remarquables de notre chambre, elle en avait une autre qu’elle partageait avec toutes les chambres de tous les hôtels de la Fédération de Russie: elle était strictement non-fumeur. Lors du check-in, on m’avait même fait signer une déclaration selon laquelle je m’exposais à de graves sanctions en cas de non-respect de cette obligation.
Bien entendu, à peine entré dans la bonbonnière, je cherchais immédiatement la faille dans le dispositif qui me permettrait d’y cloper en toute impunité. Or l’immense fenêtre qui offrait une vue imprenable sur le canal, si elle était soudée et inamovible, disposait en son sommet d’un vasistas que je pouvais atteindre en montant sur les accoudoirs du fauteuil pour y satisfaire à mon vice. D’accord, ma position n’était pas glorieuse et c’est mal de fumer mais comme il est enivrant de transgresser!
Je me méfiais néanmoins de la tendance locale à cafter et je prenais garde à ne pas être aperçu des clients et des taxis qui s’arrêtaient en bas de l’hôtel, juste au-dessous de l’endroit où je me trouvais.
Mon plan a fonctionné nickel pendant 3 jours.

Et puis, le jour du départ, patatras!
Alors que nous étions prêts à vider les lieux, que les valises étaient faites et posées dans l’entrée, je succombais à la transgression de trop. La femme de chambre qui nous pensait déjà partis ouvrit la porte sans s’annoncer et me surprit en flagrant délit, ridiculement juché sur les accoudoirs Louis XVI en velours vert. L’échange de regards dura moins d’une seconde mais je sus instantanément qu’elle allait me dénoncer.

Dans l’ascenseur qui nous menait au rez-de-chaussée, je sentais une sourde angoisse m’envahir mais je me raccrochais à l’idée que l’employée avait certainement encore des tâches à l’étage et qu’elle n’alerterait sa hiérarchie qu’après les avoir accomplies. Je pouvais peut-être mettre ces quelques minutes à profit pour prendre la tangente et, une fois dans le taxi, il serait trop tard pour me rattraper – à moins que je ne sois arrêté au contrôle de police de l’aéroport, hypothèse que je tenais pour plausible.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent et je me dirigeais vers la réception en me composant une attitude détachée qui, même dans une sitcom, aurait justifié mon renvoi immédiat du tournage. Après un échange bidon de politesses, la réceptionniste me pria d’attendre quelques instants et revint bientôt accompagnée d’une autre femme à l’allure sévère (quoique jolie), dont le badge indiquait le nom et la fonction: « SVETLANA – Assistant General Manager ».
J’étais dans le dur, les mecs.
Quel pouvait être le sort qu’on me réservait? J’avais signé un papier sans le lire, sans savoir à quoi je m’exposais, un papier où figuraient à coup sûr les mots ‘rééducation’, ‘Sibérie orientale’ et ‘Goulag’. Mon cerveau était en ébullition: admettons qu’ils m’envoient au Kamtchatka (ce n’était plus la métaphore populaire cette fois, c’était la réalité!), que deviendrait mon fils mineur dans un pays étranger dont il ne parlait pas la langue une fois son père interné dans un camp de travail à l’autre bout de la Russie?

Finalement, j’adoptais la même tactique que celle que j’avais employée avec succès quand un officier de police américain m’avait menacé de prison pour avoir roulé à 110 au lieu de 80 dans le désert de l’Arizona sur une ligne rigoureusement droite de 150 kms où je n’avais croisé qu’une seule voiture depuis mon départ.
J’avouais tout.
Oui j’avais fumé à la fenêtre, oui je battais ma coulpe, oui je regrettais affreusement! Mais cela ne s’était produit qu’une seule fois, juré-craché!, et j’avais veillé à exhaler mon haleine toxique par le vasistas, aussi le risque pour les futurs clients de la chambre de décéder inopinément d’un cancer du poumon dans des souffrances atroces me semblait-il limité voire nul (je passai prudemment sous silence la ruine des accoudoirs Louis XVI).
Eh bien, sous le cachemire de Svetlana battait un cœur qui n’était pas de pierre, elle fut sensible à mon acte de contrition qui lui parut sincère et de nature rédemptrice. Elle passait donc l’éponge pour cette fois mais j’étais redevable d’une amende de 2000 roubles (25 euros) à laquelle elle ne pouvait absolument pas déroger.
Je payais avec un enthousiasme non feint. Fin de l’histoire.

Pourtant, en dépit de l’happy-end libérateur, la question de la motivation de la femme de chambre mérite qu’on s’y arrête. Qu’avait-elle à gagner en me dénonçant? Rien sans doute ou pas grand-chose. Elle ne serait ni mieux payée ni mieux traitée qu’avant, elle resterait dans la même servitude et la même précarité et, par conséquent, la réponse est à chercher ailleurs, du côté des Liaisons dangereuses par exemple, quand Valmont explique à Mme de Tourvel pourquoi il l’a séduite et abandonnée:
c’était plus fort que moi.

Photos pleines d’insouciance prises le matin de mon départ. J’ignore encore l’épreuve que je vais devoir affronter dans quelques heures.

Saint-Pétersbourg, du fait de sa situation au bord de la Baltique, est aussi une ville très industrielle. Quand la lumière est durablement médiocre, la seule parade est de se lever tôt.

Je conclurai en forme d’hommage à l’écriture et à la photographie. Il y a bientôt deux ans, je rentrai de ma campagne de Russie, enthousiasmé par Moscou et vaguement déçu par Saint-Pétersbourg. J’aurais pu rester sur ce sentiment et passer à autre chose. Mais cet article, auquel je préfère le mot de ‘revue’ (ce qu’on donne à voir et ce qu’on revisite pour soi-même), m’a obligé à me replonger dans notre itinéraire, dans mes clichés, à reconstruire mentalement les rencontres, à retrouver les noms oubliés des rues et des monuments, les saveurs et les couleurs, les anecdotes joyeuses ou tragiques.
Avec le salutaire recul du temps.
La conséquence heureuse de ce travail, c’est que je l’achève en aimant Saint-Pétersbourg bien plus et bien mieux qu’à son commencement. J’ai désormais envie d’y retourner au moment des Nuits Blanches, ne serait-ce que pour déambuler une fois encore dans les salles interminables du Musée de l’Ermitage, reprendre un chocolat sur le Perspective Nevski et gagner à Space Invaders.

C’est donc très provisoirement que je referme ce roman-photo russe.


En marge de cette revue, les lecteurs pourront voir d’autres photos de ma Russie dans les différentes catégories de l’onglet ‘WORKS’ de ce site.
Ils pourront aussi, si ce n’est déjà fait, lire deux livres d’une grande puissance (des récits plus que des romans, quoique…) qui ont pour cadre Moscou et la Russie:
– Un Roman russe – dont je m’inspire évidemment, en forme d’hommage à l’auteur, pour le titre de cet article
– Limonov
L’un et l’autre sont du même Emmanuel Carrère qui n’est pas seulement un grand écrivain, il est aussi tombé dans la marmite russe quand il était petit.

 

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Un Commentaire

  1. Doc
    1 octobre 2018

    encore un bon moment….. entre deux 😉

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