MARE NOSTRUM DANS LE MEZZOGIORNO

Posted on septembre 10, 2018 in Travels

CARNET DE MER(S)

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COMME le suggère l’intitulé de cet article, et à condition d’avoir fait latin en 6ème, voici la relation d’un voyage estival dans le Mezzogiorno, autrement dit dans le Midi italien qui s’étire en gros de Naples à Reggio di Calabria (à l’ouest) et à Santa Maria di Leuca (à l’est), Sicile, Sardaigne et Iles Éoliennes comprises (le terme de « relation » pourra ici sembler abusif au lecteur à cheval sur la sémantique puisque je fais une part nettement plus belle à l’image qu’au texte mais il y a au moins 1000 et 1 façons de relater, n’est-ce pas, et ma vie se résume hélas ou heureusement à hésiter entre toutes).
L’un des aspects les plus fascinants de ce parcours est que, où que les yeux se tournent à quelque moment que ce soit, ils croisent de près ou de loin, tôt ou tard, la mer. Et même 5 mers! Surcouf, le Tigre des 7 mers, en vit certes 2 de plus mais que de kilomètres sur des flots déchaînés dut-il accomplir pour y parvenir et dans quels tourments!
Tandis que la Mare Nostrum, la Notre Mer des Romains – qu’ils désignaient d’ailleurs plutôt par Notre Piscine – est à deux heures d’un vol paisible depuis la capitale bien-aimée.

Le voyageur curieux d’arpenter cette région, de Naples à Pompéi, des Iles Tremiti jusqu’à Lecce dans les Pouilles sans négliger la Calabre, de Messina à Stromboli, longera successivement les rives de la Mer Tyrrhénienne dans le Golfe de Naples (après quoi, il pourra mourir en toute sérénité), de la Mer Adriatique à Bari, de la Mer Ionienne à Leuca, de la Mer des Iles Éoliennes dans l’archipel éponyme et de la Mer Méditerranée partout!

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Le Road-Book ci-après propose un itinéraire presque idéal pour découvrir le grand sud italien – compter 2 semaines.
Il n’est pas modifiable en ligne mais il suffit de l’exporter au format .kml ou .kmz et de l’importer ensuite dans Google Maps (ou dans un logiciel de planificateur de trajets, type Garmin Basecamp).
Dans certains cas, ces formats ne sont pas reconnus par le logiciel du GPS. Utiliser alors le simplissime et excellent site de conversion de formats mygeodata.cloud pour convertir par exemple un itinéraire .kmz en .gpx (le format reconnu notamment par Garmin).

Cliquer en haut à gauche de la carte pour voir les étapes, en haut à droite pour l’ouvrir dans Google Maps et l’exporter

Cet itinéraire représente 1600 kms environ (hors les Iles Éoliennes), sachant que nous avons fait la remontée de nuit en ferry depuis Messina jusqu’à Naples – 9 heures d’une traversée reposante dans une cabine confortable. Un choix qui évite une journée épuisante de conduite par la E45 – voire davantage: le sud italien est sous-équipé en termes d’infrastructures et il ne faut pas espérer dépasser les 50 kms/h de moyenne – « l’autoroute » (d’ailleurs gratuite) est limitée à 110 (souvent), à 80 (très souvent) et même à 30…
Mais évidemment, c’est ce qui fait le charme et l’intérêt du Mezzogiorno: en-dehors des centres d’attraction (Naples, Pompéi, Lecce, Tropea et certaines villes de Sicile), le touriste est rare, le bord de mer est préservé, l’eau est translucide et propre… et les prix ridiculement bas.

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Le paradoxe est qu’on doit cet état de conservation… à la Mafia. Laquelle a découragé pendant près d’un siècle toute velléité d’investissement de Naples à Palerme, même si c’est en train de changer lentement et que la petite délinquance y est d’ailleurs bien inférieure à celle de villes comme Paris, Marseille ou Nice.
Dans le Mezzogiorno, on se balade l’esprit tranquille, on est bien reçu partout, les serveurs ne font pas la gueule et on mange divinement bien, y compris dans le dernier des derniers bouibouis de bord de plage…

Buon viaggio, amico lettore!


POMPEI

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POMPEI, conquise par les Romains en 290 av.JC et détruite par l’éruption du Vésuve en 79 ap.JC, soit 4 siècles plus tard.

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Il y a 2000 ans, les Romains inventent le passage clouté – bon, disons pétrifié. Il permet aux habitants de l’urbs de changer de trottoir sans se coller de la boue sous les caligæ. L’écartement entre les pierres correspond à l’essieu des charrettes.

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Le placide Vésuve qui recouvrit Pompéi non pas de lave mais d’un nuage de cendres toxiques qui causa la mort instantanée par asphyxie des habitants.

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Les 3000 victimes furent ensuite comme statufiées dans leur attitude par une pluie de roches volcaniques tandis que leurs corps se désagrégeaient au fil des siècles. Un archéologue italien eut l’idée en 1860 d’injecter du ciment dans ces cavités pour reproduire des moulages « en creux » des corps. Ce sont les copies de ces moulages qui sont visibles aujourd’hui sur le site.

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LA COSTA AMALFITANA

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Pour rejoindre la côte amalfitaine depuis Pompéi, la plus belle route est celle de la côte, en direction de Sorrento. Ici, au-dessus de MASSA LUMBRESE, à l’extrême pointe de la péninsule, et face à l’Ile de CAPRI – et ce n’est pas fini, ami voyageur.

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La crique de MASSA LUMBRESE

La côte amalfitaine, considérée à raison comme l’une des plus belles d’Europe, a bénéficié de son relief – une falaise presque verticale qui plonge dans la mer – puis de son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO qui l’ont protégée du bétonnage. Il est difficile et cher de se loger sur la côte (notamment à Amalfi et à Positano) et une bonne alternative est de chercher du côté de Ravello où les B&B et les Agriturismi abondent.

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B&B à RAVELLO, au milieu d’une citronneraie

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Ici, les agriturismi se méritent et il faut affronter des escaliers à pic qui sont de véritables murs. Conclusion (pour ne pas y mourir d’épuisement par une chaleur de bête): on prend sa brosse à dents avec soi et on laisse tout le reste dans la voiture.

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POSITANO

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Il Duomo, AMALFI

La cuisine amalfitaine est à la fois simple et particulièrement raffinée. En particulier, on y mange les meilleures pâtes alle vongole (coques ou palourdes) d’Italie. La route d’une quarantaine de kilomètres qui longe la falaise jusqu’à Vietri sul Mare est en revanche très dangereuse car sa largeur est au mieux d’une voiture et demie. Or le sympathique conducteur italien qui arrive en face à une vitesse qu’on pourrait qualifier d’inadaptée a déjà fait son choix: seule la demie largeur de bitume qui reste est pour toi! La conduite réclame donc prudence et concentration (et indulgence pour le pays qui a vu naître Michelange et Fellini).


 LE PUGLIE

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FOCE VARANO

La bande de terre qui s’étend de Lesina Marina à Peschici, face aux Iles Tremiti, constitue la partie la plus au nord des Pouilles. À Foce Varano, je voudrais recommander particulièrement l’Airbnb que nous avons occupés chez Lidia – d’abord, c’est la plus sympa de toutes les Italiennes les plus sympas (à part celles de ma famille vénitienne qui sont hors concours), autant dire donc qu’elle est carrément hyper sympa et en plus, elle parle un français parfait – dans une grande maison très agréable et face à la mer qui se trouve ici.
Foce Varano est aussi un bon choix pour faire une escapade dans les Iles Tremiti où on peut louer facilement un petit Zodiac (15cv sans permis) pour la journée. Des ferries assurent la traversée en 1h30 en partant de Rodi ou de Peschici.

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L’ile SAN NICOLA, point de départ et d’arrivée de la plupart des ferries. C’est là aussi qu’on peut louer un Zodiac, indispensable pour se balader autour des autres îles (elles sont 4 en tout) ou atteindre des criques inaccessibles à pied.

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La Grotta delle Viole (la Grotte des Violettes) sur l’Ile SAN DOMINO

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L’embarcadère de RODI

Puis, c’est la route pour Lecce, distante de 400 kilomètres, en longeant d’abord la côte jusqu’à Trani, puis en remontant dans les terres vers Matera. Avec parfois, des rencontres inattendues…

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FOGGIAMARE

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VIESTE

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TRANI

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Le Castel del Monte à ANDRIA, château du XIII° siècle construit par l’Empereur Frédéric II. Un édifice à la seule dévotion de la beauté puisqu’il n’avait aucune vocation défensive: il ne possède en effet ni douves ni pont-levis! Ses proportions sont remarquables et il est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

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MATERA, ville troglodyte dont les grottes naturelles furent habitées par les premiers homo sapiens à l’époque paléolithique, il y a entre 200 et 300.000 ans.

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Matera est une ville fascinante et quiète, presque chuchotante, moins touristique que Lecce. Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, elle a été désignée Ville culturelle européenne pour 2019.

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POLIGNANO AL MARE, jolie petite ville romantique pour y dîner en passant.

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Le village d’ALBEROBELLO, dont les maisons – les « trulli » typiques de la région – sont faites de pierres sèches avec un toit en forme de cône. A l’origine, c’est très authentique mais aujourd’hui, on débarque hélas dans le village des Schtroumph pourri de touristes. Une étape pas indispensable.

LECCE

– À trop s’attarder dans les Pouilles, on risque la curée! Ainsi parla Hannibal lorsqu’il défit l’armée romaine en 216 av.JC près de la ville de Cannes (encore une Cannes? dans les Pouilles? Eh oui, elle est homonyme de notre joyeuse cité azuréenne!). À quoi le consul romain Lucius Æmilius Paullus lui répondit avant d’expirer: – comme avec ta terre punique…!
Les temps ont bien changé et c’est aujourd’hui une région pacifiée qui accueille les touristes à selfies, impatients de découvrir la véritable Lecce, dans les Pouilles, plutôt que de se perdre en Calabre.

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LECCE

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A ne pas rater à Lecce, l’excellent restaurant Dall’Antiquario, tenu par les très gentils Gianni et Diletta qui servent une cuisine locale et inventive. La salle qui ressemble à l’arrière-boutique d’un brocanteur mérite aussi le coup d’œil.

Lecce vaut qu’on y reste au moins 2 jours mais il ne faut surtout pas manquer de faire la route littorale qui descend jusqu’à Santa Maria di Leuca, dans la pointe du talon de la botte. Le meilleur itinéraire depuis Lecce est de rejoindre San Cataldo par la SP 364 puis de filer plein sud au plus près de la mer par la SP 366 puis la SP 358. Les 110 kms du parcours réclament au moins 2h30 sans compter les arrêts. On peut revenir ensuite au plus rapide vers Lecce par les SS 275 et SS 16.
Note: les routes SS (Strada Statale) correspondent à nos nationales « roulantes » (portions à 4 voies, évitement des centre-villes etc.), les SR (Strada Regionale) à nos nationales à double-sens et les SP (Strada Provinciale) à nos départementales.

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La Grotta della poesia (la Grotte des poètes), juste après ROCA VECCHIA. Une piscine naturelle creusée par l’érosion dont la légende dit qu’une princesse et muse des poètes s’y baignait. Les touristes y sont presque exclusivement italiens, ce qui contribue à s’y sentir moins touriste soi-même mais plutôt invité.

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Le graffeur apulien est taquin (proverbe sarde)

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Tour de guet le long de la SP 358

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SANTA MARIA DI LEUCA

À mes amis motards qui partiraient éventuellement sans leur brêle favorite: à Lecce, on peut louer des motos de grosses cylindrées (BMW 1200 GS, Ducati 1200 Multistrada, Kawa Versys 650 etc.) au Palazzo Rollo. Les casques sont compris dans le prix mais il n’y a pas de gants (le port n’en étant pas obligatoire en Italie). Les motos sont raisonnablement kilométrées, en excellent état et munies d’une bagagerie complète.
La boucle ci-dessus est l’occasion rêvée pour faire en liberté l’une des plus belles routes côtières qu’on puisse voir et le long de laquelle, en plein mois de juillet, nous n’avons croisé pratiquement aucune voiture.


TROPEA

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TROPEA, Calabria

Je ne m’étendrai pas trop au sujet de la Calabre car nous n’avons fait qu’y passer sur notre chemin vers les Iles Éoliennes. Mais une pause s’impose à Tropea, petite cité balnéaire bordée par la Mer Tyrrhénienne, connue pour la qualité de ses fruits de mer et son oignon rouge AOC mais surtout pour le Monastère Santa Maria dell’Isola dont la date de construction est toujours sujette à débat – peut-être vers le VI ou VIIème siècle. Il a été de toutes façons en grande partie détruit par les tremblements de terre de 1783 et 1905, et ses reconstructions successives l’ont notablement modifié. Érigé à l’origine sur un îlot, les sédiments accumulés au fil du temps l’ont rattaché au continent.

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La vieille ville de Tropea bâti sur la falaise

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La lumière sur cette partie de la côte change de façon spectaculaire au long de la journée, comme sous les Tropiques.

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ALLE ISOLE EOLIE

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Départ des ferries pour les Iles Éoliennes, port de MILAZZO (Sicile)

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Milazzo ne présente pas d’intérêt particulier et son succès touristique n’est dû qu’à sa situation face aux Éoliennes. La gigantesque raffinerie qui complète le décor, pour photogénique qu’elle soit, n’aide pas.
© Cartographie Hachette Tourisme

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SALINA

Avant de partir, je regrettais déjà de ne relâcher que dans 2 seulement des 7 Îles Éoliennes (Vulcano, Lipari, Salina, Filicudi, Alicudi, Panarea et Stromboli) mais en repartant, je l’ai regretté tellement plus! En organisant ce périple, il était évident qu’il faudrait se limiter à deux îles et l’une au moins ne souffrait aucune hésitation: Stromboli (voir plus loin). Restait à trouver l’autre en se faisant une conviction à partir de sources très subjectives (guides de voyage, Internet etc.) et si le choix de Salina s’est imposé, c’est qu’elle était décrite comme la plus sauvage, la plus verdoyante et surtout, surtout la moins touristique.
Tout ce que j’avais cru comprendre d’elle s’est révélé l’absolue vérité et mon seul pincement au cœur en découvrant ce paradis terrestre était la pensée que Stromboli ne pourrait la surpasser.
Erreur.

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SALINA

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L’île de FILICUDI vue depuis Salina

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Pollara, au nord-ouest de l’île

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La « plage » de Pollara (Spiaggia di Pollara)

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La crémaillère pour le ravitaillement des pêcheurs (et du petit mec qui vend des glaces au fond de sa grotte)

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Au-dessus de Rinella, côte sud de l’île

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La ressemblance avec les cirques de La Réunion, autre île volcanique, est troublante.

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STROMBOLI

Je ne cacherai pas ici que l’objectif principal de ce voyage fut la réalisation d’un rêve qui remonte à mes années de cinéphile insouciant et qui porte un nom: STROMBOLI. Ce mot seul de Stromboli recèle déjà en lui une force évocatrice mystérieuse que le film de Rossellini n’a fait que mythifier encore davantage (film de 1950 et non 1949 comme indiqué dans l’extrait ci-dessous). Une œuvre incomprise à sa sortie car elle mélange fiction et documentaire (notamment dans deux scènes emblématiques du film, la mise à mort des thons et l’éruption du volcan), elle mélange vedette internationale et acteurs amateurs (Ingrid Bergman est à l’époque la plus grande star d’Hollywood tandis que Mario Vitale, son partenaire à l’écran, est pêcheur à Salerne) et elle confond surtout un réalisateur et son actrice dans une même opprobre puisqu’ils entament une liaison, Ingrid Bergman tombe même enceinte, alors qu’ils sont l’un et l’autre mariés de leur côté.
Quant aux héros du film, ce sont des anti-héros: Karin (Ingrid Bergman) débarque d’un camp de prisonniers où elle était retenue pour avoir été la maîtresse d’un Allemand pendant la guerre et son mari Antonio (Mario Vitale) – qu’elle n’a d’ailleurs épousé que pour être libérée – la tabasse pour lui inculquer les principes fondamentaux en cour à Stromboli.
Le film fut un échec commercial et, comme parfois en pareil cas, il est aujourd’hui culte et considéré comme l’un des plus grand-chefs d’œuvre du cinéma.

Pour ceux qui croient aux forces telluriques (et j’en fais partie), je leur conseille vivement la lecture d’un article à la fois hilarant et tragique sur la genèse du projet et comment il fut concurrencé par un autre film, intitulé VULCANO, dont le tournage se déroulait au même moment sur l’île éponyme d’en face avec pour vedette Anna Magnani…
Laquelle n’était autre que l’ex-amante de Rossellini qu’il venait de quitter pour Ingrid Bergman.

NB: la mise à mort des thons dans Stromboli, filmée après-guerre par Rossellini, est une scène-miroir de la mise à mort des lapins dans La Règle du Jeu de Renoir (1939), filmée avant-guerre. Ces deux scènes préfigurent pour l’une le génocide à venir, pour l’autre l’ambiguïté des vainqueurs.

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Première vision de STROMBOLI (ou du Stromboli) depuis le ferry. On se dit que ça ne va pas rigoler.

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Ça ne rigole pas en effet. On est trop enveloppé par le silence – à peine troublé par le passage lointain d’un triporteur Piaggio, seul véhicule à moteur toléré dans l’île et peu à peu remplacé par des modèles électriques -, par la beauté du ciel, par le raffinement des jardins, on est trop admiratif de la discipline écologique de ses habitants, on est trop occupé à redécouvrir la saveur du raisin et des tomates (une tomate peut avoir du goût, ça paraît incroyable mais je jure que c’est vrai!), on est trop impatient d’aller guetter le rayon vert quand le soleil se couche (échec complet en ce qui me concerne) pour avoir le temps de rigoler.
Et quoiqu’il en soit, un peuple qui fait la sieste jusqu’à 17 heures ne peut pas être mauvais.

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Comme à Salina, les hébergements à privilégier sont les agriturismi éco-responsables qui fonctionnent en circuit court et dont 90% des produits proviennent de l’agriculture locale ou de la mer. Ici, un agriturismo qui fait son propre miel.

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Ils sont de surcroît parfaitement indiqués.

Mais ce n’est pas un monde parfait et ce panneau rappelle au baigneur qu’il évolue dans une zone soumise aux tremblements de terre, aux éruptions volcaniques et aux tsunamis. Quand je disais que ça ne rigole pas.

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Le village de Stromboli, dominé par l’église San Bartolomeo.

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L’île de STROMBOLICCHIO, un volcan surgi il y a 300.000 ans et antérieur au Stromboli lui-même.

En sortant du ferry, nous sommes abordés par Antonio CACCETTA (portable:+39/339 581 82 00), fringant patron-pêcheur, capitaine, mousse, mécano et maître (après Dieu) d’hôtel d’une barca, qui nous propose d’aller voir le volcan de nuit depuis la mer. Il y aura du spectacle pyrotechnique si le Stromboli est d’accord et en tout cas, un apéro. Rassuré sur ce dernier point, j’accepte, d’autant plus qu’Antonio nous réclame pour l’excursion une somme inférieure à deux Perrier-rondelle en terrasse à Paris.
Rendez-vous donc au port à 20 heures…

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…et voilà ce qu’on a vu depuis la mer, tout en sirotant une divine Malvoisie. Grazie, Antonio!

En général, je suis content de repartir, de retrouver le cher vieux pays, mais cette fois, j’ai les boules grave. Je me console en me promettant de revenir à Stromboli et d’y louer une petite maison pendant quelques semaines pour écrire.
Je ne sais pas si ce projet verra le jour ni quand ni ce que j’écrirai ni même si j’écrirai mais j’espère, à travers cette relation, avoir donné l’envie d’arpenter cette Italie du sud trop méconnue et, au sud de son sud, ses miraculeuses îles Éoliennes.

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6 Commentaires

  1. JP
    19 septembre 2018

    Vraiment impressionnant de beauté charme et poésie !
    Merci Sandro de nous faire partager ces superbes lieux et nous donner ainsi une telle envie d’y aller! Un vrai moment de bonheur!

    Répondre
  2. eric pelletier
    12 septembre 2018

    Comme d’hab, tu nous régales les yeux et les méninges! Par contre, cela m’a plutôt donné l’envie de savourer tout ça en voiture pour profiter pleinement des ballades à pied dans ces cadres sublimes.

    Répondre
  3. yareq
    11 septembre 2018

    Des tres belles photos a hauteur du récit ou… l’inverse. En tout cas merci pour les deux

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  4. Rose
    11 septembre 2018

    Magique ! Envie de prendre la route !

    Répondre
  5. STEPHANE JARDIN
    11 septembre 2018

    Magique ! Magnifique ! Merci Sandro !

    Répondre
  6. Carré
    11 septembre 2018

    Merci infiniment pour ce magnifique voyage Sandro. Moi qui n’ai pas quitté mon Ardèche natale tu viens de m’offrir quelques, rares, minutes de vacances et je t’aime pour ça, et pour ton talent de photoreporter.

    Répondre

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